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EMC — Classe de terminale

Programme officiel de terminale générale — 8 chapitres

Chapitre 1 — Qu'est-ce que la démocratie ? Définitions et histoire

I. Une invention grecque : la démocratie athénienne

Définition Le mot démocratie vient du grec dêmos (le peuple) et kratos (le pouvoir) : c'est le régime dans lequel le pouvoir politique appartient au peuple, qui l'exerce lui-même ou par des représentants qu'il désigne et contrôle.

À Athènes, les réformes de Clisthène, en 508-507 avant J.-C., fondent un régime nouveau : les citoyens sont répartis en dèmes indépendants de leur origine familiale, et l'Ecclésia, assemblée qui réunit tous les citoyens sur la colline de la Pnyx, vote les lois et décide de la guerre et de la paix. Sous Périclès, au milieu du Ve siècle avant J.-C., la démocratie athénienne atteint son apogée : les magistratures sont pour la plupart tirées au sort et indemnisées, afin que la pauvreté n'empêche personne d'exercer une charge publique.

Attention La citoyenneté athénienne est très restrictive : elle exclut les femmes, les esclaves — pourtant très nombreux — et les métèques, étrangers résidents pourtant souvent installés depuis des générations. Sur une population totale estimée à environ 300 000 habitants au Ve siècle avant J.-C., les citoyens adultes ne dépassent guère 40 000 personnes.
« Notre constitution politique n'a rien à envier aux lois qui régissent nos voisins […]. Son nom, puisqu'il faut que le gouvernement dépende non pas d'une minorité mais de la majorité, est démocratie. »— Périclès, discours rapporté par Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse (livre II)
Vocabulaire Isègoria : droit égal de tout citoyen à prendre la parole en assemblée ; isonomia : égalité de tous les citoyens devant la loi ; ostracisme : procédure permettant de bannir pour dix ans un citoyen jugé dangereux pour la cité, par vote sur tesson de poterie (ostrakon).

II. Penser la démocratie : des Lumières à Tocqueville

Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières renouvellent la réflexion sur les régimes politiques. Dans De l'esprit des lois (1748), Montesquieu distingue la république (démocratique ou aristocratique), la monarchie et le despotisme, et montre que chaque régime repose sur un « principe » qui l'anime — la vertu pour la république. Jean-Jacques Rousseau, dans Du contrat social (1762), fonde la légitimité du pouvoir sur la volonté générale : la souveraineté appartient au peuple tout entier et ne peut ni se déléguer, ni se diviser durablement.

Portrait Alexis de Tocqueville (1805-1859), magistrat et penseur politique français, publie De la démocratie en Amérique en deux volumes (1835 et 1840) après un voyage aux États-Unis. Il y distingue la démocratie comme état social — l'égalisation progressive et irréversible des conditions — de la démocratie comme régime politique. Il redoute qu'une passion excessive pour l'égalité n'affaiblisse l'esprit critique des citoyens et ne prépare, par l'isolement des individus, une nouvelle forme de despotisme, plus doux mais plus étendu : le « despotisme mou ».
Attention Ne confonds pas la liberté des Anciens et la liberté des Modernes, distinction proposée par Benjamin Constant dans un discours de 1819 : la première est la participation directe et collective aux décisions publiques (comme à Athènes) ; la seconde est la jouissance paisible de l'indépendance privée, garantie par la loi contre l'arbitraire, à laquelle s'ajoute une participation seulement indirecte, par la représentation.

III. La démocratie représentative moderne, un régime en extension

La démocratie représentative moderne naît avec les révolutions américaine (1776) et française (1789) : des représentants élus exercent le pouvoir au nom du peuple souverain. Max Weber, dans Le Savant et le politique (1919), distingue trois types de légitimité du pouvoir : la légitimité traditionnelle (la coutume), la légitimité charismatique (les qualités exceptionnelles d'un chef) et la légitimité légale-rationnelle, propre aux démocraties modernes, fondée sur le respect de règles impersonnelles et de procédures électorales régulières.

Exemple En France, le suffrage devient universel masculin par le décret du 5 mars 1848, qui fait passer le corps électoral d'environ 250 000 à plus de 9 millions d'électeurs. Il faut attendre l'ordonnance du 21 avril 1944 du Comité français de la Libération nationale pour que les femmes obtiennent le droit de vote et d'éligibilité ; elles votent pour la première fois aux élections municipales du 29 avril 1945.
Méthode : analyser un texte fondateur (épreuve d'EMC)
  1. Identifie précisément l'auteur, la date et le contexte du texte (qui écrit, quand, pour répondre à quel problème politique ?).
  2. Repère les notions clés et reformule-les avec précision, sans les paraphraser mot à mot.
  3. Mets le texte en relation avec un exemple historique ou institutionnel précis.
  4. Conclus en indiquant la portée du texte pour comprendre la démocratie d'aujourd'hui.
Dates clés 508-507 av. J.-C. réformes de Clisthène à Athènes ; Ve siècle av. J.-C. apogée périclétien ; 1748 De l'esprit des lois de Montesquieu ; 1762 Du contrat social de Rousseau ; 1789 Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; 1819 discours de Benjamin Constant sur les deux libertés ; 1835-1840 De la démocratie en Amérique de Tocqueville ; 5 mars 1848 suffrage universel masculin en France ; 1919 Le Savant et le politique de Max Weber ; 21 avril 1944 droit de vote des femmes en France.
FRISE : DE LA DÉMOCRATIE ATHÉNIENNE AU SUFFRAGE UNIVERSEL -508 Clisthène -450 Périclès 1789 DDHC 1848 suffrage univ. H 1944 vote des femmes La démocratie s'étend en trois mouvements : de la cité-État à la nation, de la participation directe à la représentation élue, d'un corps électoral restreint à un suffrage réellement universel.
De la démocratie directe athénienne au suffrage universel : trois grands basculements historiques.
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  • Chapitre 2 — Les fondements de la démocratie : souveraineté, séparation des pouvoirs, État de droit
  • Chapitre 3 — Les institutions de la Ve République
  • Chapitre 4 — Démocratie représentative, participative et délibérative
  • Chapitre 5 — Les droits fondamentaux et leur protection (Conseil constitutionnel, CEDH)
  • Chapitre 6 — Les fragilités de la démocratie : populismes, abstention, désinformation
  • Chapitre 7 — Citoyenneté européenne et gouvernance mondiale
  • Chapitre 8 — Démocratie, environnement et enjeux du XXIe siècle
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