💶 SES - 1re

SES — Classe de première

Programme officiel de première générale — 12 chapitres

Chapitre 1 — Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ?

I. Le marché et les conditions de la concurrence parfaite

Définition Un marché est un lieu, réel ou fictif, de rencontre entre des offreurs et des demandeurs, où se forment un prix et une quantité échangée. Le marché n'existe pas spontanément : il suppose des institutions (droit de propriété, contrats, monnaie, tribunaux) qui garantissent que les engagements seront tenus.
Propriété Le modèle de la concurrence pure et parfaite (CPP) repose sur cinq hypothèses : atomicité (offreurs et demandeurs sont très nombreux et de petite taille), homogénéité du produit, libre entrée et libre sortie du marché, transparence de l'information, libre circulation des facteurs de production. Sous ces hypothèses, chaque agent est preneur de prix (price taker) : aucun ne peut, à lui seul, influencer le prix du marché.

Ce modèle est une construction théorique, pas une description du monde réel. Il sert de point de comparaison : quand une hypothèse est violée (produit différencié, barrières à l'entrée, information incomplète), on comprend mieux pourquoi le marché réel s'écarte du résultat théorique. Un marché de blé sur une place internationale s'en approche ; le marché des smartphones, avec quelques grandes marqués et des produits différenciés, en est très éloigné.

II. Offre, demande et prix d'équilibre

Définition La demande est la quantité d'un bien que les consommateurs souhaitent acheter à chaque niveau de prix ; elle est en général décroissante avec le prix. L'offre est la quantité que les producteurs souhaitent vendre à chaque prix ; elle est en général croissante avec le prix. Le prix d'équilibre est le prix qui égalise quantité offerte et quantité demandée.
Exemple Sur un marché fictif, la demande s'écrit D(p) = 120 − 2p et l'offre O(p) = 3p − 30 (p en euros, quantités en milliers d'unités). L'équilibre s'obtient en résolvant 120 − 2p = 3p − 30, soit 150 = 5p, donc p* = 30 € et Q* = 60 milliers d'unités. Si le prix était fixé à 40 €, l'offre vaudrait 90 et la demande 40 : l'excès d'offre de 50 pousserait les vendeurs à baisser leurs prix. À 20 €, la demande (80) dépasserait l'offre (30) : la pénurie ferait monter le prix. Le prix joue donc un rôle de signal et de régulateur.
Attention Ne confondez pas déplacement le long de la courbe et déplacement de la courbe. Une hausse du prix fait baisser la quantité demandée : on se déplace sur la courbe de demande. En revanche, une hausse du revenu, une mode nouvelle ou une hausse du prix d'un bien substituable déplacent toute la courbe de demande vers la droite.
Prix (€) Quantité (milliers) D O Équilibre 30 60 Surplus du consommateur Surplus du producteur D(p) = 120 − 2p · O(p) = 3p − 30 · p* = 30 €, Q* = 60
L'équilibre du marché concurrentiel : le surplus du consommateur est l'aire comprise entre la courbe de demande et le prix, le surplus du producteur l'aire comprise entre le prix et la courbe d'offre. Ici, 900 pour les consommateurs et 600 pour les producteurs, soit un surplus collectif de 1 500.

III. Surplus et élasticité

Définition Le surplus du consommateur est la différence entre ce qu'un acheteur était prêt à payer (son prix de réservation) et ce qu'il paie réellement. Le surplus du producteur est la différence entre le prix reçu et le prix minimal auquel il acceptait de vendre. Leur somme forme le surplus collectif, mesure de l'efficacité de l'échange.
Élasticité-prix de la demande : e = (variation en % de la quantité demandée) ÷ (variation en % du prix)
Exemple Avec la demande précédente, le prix passe de 30 € à 33 €, soit +10 %. La quantité demandée passe de 120 − 60 = 60 à 120 − 66 = 54, soit −10 %. L'élasticité vaut donc e = −10 ÷ 10 = −1 : la demande est unitaire autour de ce point. Si |e| > 1 la demande est élastique (les acheteurs réagissent fortement, cas d'un bien de loisir facilement remplaçable) ; si |e| < 1 elle est inélastique (cas du sel, du tabac ou de l'électricité à court terme).
Méthode : analyser un choc sur un marché
  1. Identifier qui est touché : le choc concerne-t-il l'offre (coût, technologie, nombre de producteurs) ou la demande (revenu, goûts, prix des biens liés) ?
  2. Déterminer le sens du déplacement de la courbe concernée (vers la droite si la quantité augmente à chaque prix).
  3. Lire le nouvel équilibre : indiquer si le prix monte ou baisse, et si la quantité échangée monte ou baisse.
  4. Nuancer en mobilisant l'élasticité : plus la demande est inélastique, plus le choc se traduit en variation de prix plutôt qu'en variation de quantité.
ChocCourbe déplacéePrix d'équilibreQuantité d'équilibre
Hausse du prix d'une matière premièreOffre vers la gaucheHausseBaisse
Progrès technique abaissant les coûtsOffre vers la droiteBaisseHausse
Hausse du revenu des ménages (bien normal)Demande vers la droiteHausseHausse
Campagne sanitaire déconseillant le produitDemande vers la gaucheBaisseBaisse
Vocabulaire Preneur de prix : agent trop petit pour influencer le prix ; prix de réservation : prix maximal qu'un acheteur accepte de payer ; bien substituable : bien qui peut remplacer un autre ; bien complémentaire : bien consommé avec un autre ; statique comparative : comparaison de deux équilibres avant et après un choc.
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Le premier chapitre de chaque matière reste accessible gratuitement. L'inscription ouvre 7 jours d'accès complet, sans engagement.

  • Chapitre 2 — Comment les producteurs décident-ils de produire ?
  • Chapitre 3 — Quelles sont les principales défaillances du marché ?
  • Chapitre 4 — Comment les agents économiques se financent-ils ?
  • Chapitre 5 — Qu'est-ce que la monnaie et comment est-elle créée ?
  • Chapitre 6 — Comment la socialisation contribué-t-elle à expliquer les différences de comportement ?
  • Chapitre 7 — Comment se construisent et évoluent les liens sociaux ?
  • Chapitre 8 — Quels sont les processus sociaux qui contribuent à la déviance ?
  • Chapitre 9 — Comment se forme et s'exprime l'opinion publique ?
  • Chapitre 10 — Voter : une affaire individuelle ou collective ?
  • Chapitre 11 — Comment l'assurance et la protection sociale contribuent-elles à la gestion des risques ?
  • Chapitre 12 — Quelles relations entre le travail, l'emploi et le chômage ?
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