Au programme de ce chapitre
- I. Ce que l'exercice demande vraiment
- II. La méthode en quatre temps
- III. Un exemple entièrement rédigé
- Savoir-faire
- Exercices types corrigés
- Teste-toi — vrai ou faux ?
- Pièges fréquents et astuces
- À retenir
La définition à retenir
Un exemple corrigé
La lampe du couloir s'est éteinte sans bruit
Et le froid des cloisons monte comme la nuit ;
Personne dans la rue n'appelle mon prénom,
Et je reste debout au milieu du salon.
Projet de lecture : comment ce quatrain fait-il naître le sentiment d'abandon à partir d'éléments entièrement ordinaires ?
Mouvement 1 (vers 1-2) : le retrait de la lumière et de la chaleur. Le poème s'ouvre sur un verbe pronominal au passé composé, s'est éteinte : l'extinction n'a pas d'agent, personne n'a éteint la lampe, elle s'est éteinte d'elle-même. Le complément sans bruit, placé en fin de premier hémistiche, retire au poème son dernier repère sonore. Le vers 2 poursuit par une inversion du mouvement attendu : d'ordinaire, c'est la chaleur qui monte ; ici c'est le froid, sujet du verbe monte, et la comparaison comme la nuit superpose trois privations — la lumière, la chaleur, le temps. La rime bruit / nuit, suffisante et sourde, enfermé le distique sur lui-même.
Mouvement 2 (vers 3-4) : l'absence d'autrui et l'immobilité. Le vers 3 introduit la première marque de personne du poème, mais par la négation : Personne… n'appelle mon prénom. Le sujet est un pronom négatif, si bien que le « je » n'apparaît d'abord que comme complément, à la fin du vers, et sous la forme la plus impersonnelle qui soit, le prénom qu'on ne prononce pas. Le vers 4 le fait enfin surgir en position de sujet, je reste debout, mais le verbe d'état annule l'action et l'adjectif debout ne dit qu'une résistance sans objet. Le dernier mot, salon, est délibérément prosaïque : la rime prénom / salon est pauvre, comme si le poème s'éteignait à son tour.
Conclusion : le quatrain produit l'abandon sans jamais nommer un sentiment. Il procède par soustraction — la lumière, le bruit, la chaleur, la voix d'autrui, le mouvement — et ne laisse au lecteur qu'une silhouette debout dans une pièce banale. On pourrait rapprocher ce procédé de l'écriture dépouillée du récit contemporain, qui fait naître l'émotion de ce qu'elle refuse de dire.
Les erreurs fréquentes à éviter
L'astuce du prof
Exercices corrigés
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Exercice 1
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Exercice 2