Au programme de ce chapitre
- I. Comprendre le sujet avant d'y répondre
- II. Choisir un plan qui progresse
- III. Un plan détaillé entièrement rédigé
- Savoir-faire
- Exercices types corrigés
- Teste-toi — vrai ou faux ?
- Pièges fréquents et astuces
- À retenir
La définition à retenir
Un exemple corrigé
Analyse du sujet : plaire désigne le fait de donner du plaisir au lecteur — par le récit, l'image, l'humour ; convaincre désigne l'adhésion obtenue par la raison. Le sujet présuppose une tension possible entre les deux, comme si le plaisir risquait de détourner de la vérité. Problématique retenue : le détour par l'agrément affaiblit-il la force d'un raisonnement, ou en est-il la condition ?
I. Non : la démonstration directe semble seule digne de la vérité. a) L'argumentation directe expose sa thèse et ses preuves sans détour, et se laisse vérifier : c'est la démarche du traité et du discours. b) Le plaisir risque de flatter le lecteur au lieu de l'éclairer : une fiction séduisante peut faire adhérer à une thèse fausse. c) Certains sujets — la torture, l'esclavage, l'injustice judiciaire — paraissent interdire l'agrément, et le XVIIIe siècle a produit sur ces questions des textes graves et frontaux.
II. Oui : le plaisir est la condition d'accès à un lecteur qu'il faut d'abord atteindre. a) Un raisonnement abstrait n'est lu que par ceux qui sont déjà convaincus ; le récit bref, l'apologue et la fable atteignent un public plus large et se retiennent. b) La fiction permet de dire ce que la censure interdit : le regard étranger, le conte, le dialogue rendent pensable ce qu'un traité ne pourrait pas imprimer. c) Le plaisir esthétique produit de l'émotion, et l'émotion mobilise : on n'agit pas seulement parce qu'on a compris.
III. Déplacement : l'opposition entre plaire et convaincre repose sur une confusion. a) Plaire n'est pas flatter : la surprise, le malaise et le rire critique sont des plaisirs qui dérangent au lieu de rassurer. b) La forme n'est pas un ornement ajouté à une idée déjà faite ; chez les meilleurs auteurs, elle est le lieu même où l'idée se construit. c) La vraie ligne de partage n'est donc pas entre le plaisant et le sérieux, mais entre le texte qui laisse le lecteur juger et celui qui le manipule.
Conclusion : ce n'est pas le plaisir qui menace la vérité d'un texte d'idées, c'est la suppression de la liberté du lecteur. On pourrait prolonger la question du côté des formes contemporaines de l'argumentation, où l'image et le récit documentaire ont pris le relais de l'apologue.
Les erreurs fréquentes à éviter
L'astuce du prof
Exercices corrigés
Cherche d'abord seul, puis ouvre la correction.
Exercice 1
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Exercice 2